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Garance rejoué sur le relief

Le cyclone du 28 février 2025, rejoué heure par heure sur les 34 828 tronçons de ravines de l’île. Ce que la simulation montre, ce qu’elle ne sait pas dire.

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Écran de l’application : Garance rejoué sur le relief

Garance a touché La Réunion le 28 février 2025. On l’a rejoué dans l’application, du 26 février au 2 mars, en 231 pas d’une demi-heure, sur le réseau des ravines.

Ce qui entre dans le calcul

  • La pluie observée, pas une pluie modélisée : les données à 6 minutes de Météo-France pour 66 stations du département (Licence Ouverte 2.0), agrégées à l’heure.
  • Le réseau, celui de la BD Topage 2026 du Sandre : 34 828 tronçons ordonnés de l’amont vers l’aval, sans boucle.
  • Le relief du RGE ALTI de l’IGN à 25 mètres, qui donne à chaque tronçon son bassin et sa pente.
  • La trajectoire expertisée du CMRS de La Réunion (Météo-France, ODbL), pour situer le cyclone à chaque pas.

Le modèle est un modèle pluie-débit : l’eau tombée sur un bassin s’infiltre, ruisselle, rejoint le lit, descend. Pour chaque tronçon et chaque pas, il donne un débit et le compare à une capacité estimée du lit.

Ce que la simulation montre

Le pic arrive au pas 125, soit 62 heures après le début du rejeu. Le tronçon le plus chargé de l’île atteint alors 895,2 m³/s. À Saint-⁠Paul, les ravines de la plaine passent en orange : dans le modèle, leur capacité est dépassée. C’est l’écran de la question « Jusqu’où est montée la ravine pendant Garance ? » sur l’accueil.

Ce qu’elle ne sait pas dire

Le modèle donne le débit dans le lit et son rapport à une capacité estimée ; il ne dit ni où ni de combien ça déborde.

C’est, en substance, l’avertissement inscrit dans le fichier de résultats (qui ajoute : pointes sous-estimées par le forçage horaire, ni prévision ni valeur réglementaire). Il tient en trois limites :

  1. Pas de zone inondée. Aucune hauteur d’eau sur les terrains n’est calculée. Le seul document qui en donne est le PPRi, et il reste la référence opposable.
  2. Des pointes sous-estimées. La pluie est agrégée à l’heure ; une averse de 20 minutes est lissée, et le pic de débit avec elle.
  3. Une capacité estimée. La section des lits n’est pas mesurée tronçon par tronçon ; le dépassement est un ordre de grandeur, pas une cote.

Le rejeu est donc une simulation exploratoire : ni une prévision, ni une observation, ni une valeur réglementaire. Il sert à voir, sur le relief, comment l’eau d’un cyclone connu s’est répartie entre les ravines — et à poser les bonnes questions aux documents qui font foi.